décalages – Thierry Savatier – 9 février 2019

A 15 heures, soixante-dix personnes ont pris place dans la salle des Belles-Lettres rabelaisiennes afin de suivre avec attention la conférence sur le thème :
Apparence(s) Interprétation(s) Réalité(s) dans l’oeuvre d’art

Qu’il soit un néophyte poussant pour la première fois la porte d’un musée ou un chercheur expérimenté, chaque regardeur, placé devant une œuvre d’art, se trouve confronté à un triple questionnement : Faut-il se fier aux apparences ? Comment interpréter cette œuvre ? Quelle est sa relation avec la réalité ?

L’historien de l’art et critique d’art Thierry Savatier, spécialiste du XIXe siècle et auteur de plusieurs ouvrages, a abordé ce questionnement au cours de sa conférence illustrée de nombreux exemples, de la Grèce antique à l’art contemporain.

La réalité d’une oeuvre d’art a été traitée en commençant par une anecdote rapportée par Pline l’Ancien (Zeuxis et Parrhasius), puis grâce aux oeuvres de Jordaens, Cabanel, Courbet, Magritte …

Finalement … est-ce une pipe ?

Passons aux apparences … Arcimboldo … anamorphoses … 29arrests ! …

… et Le Sommeil, de Courbet

Et les interprétations … à l’aide de Picasso, Courbet, …

Thierry Savatier s’est penché ensuite sur deux oeuvres de Giulia Andreani présentes dans l’exposition : Trois femmes – Sept femmes.

Après avoir évoqué l’identité de ces femmes, ainsi que leurs crimes, le conférencier s’interroge sur ce que cela nous révèle de la nature de l’être humain : il est né vil, capable des pires bassesses.
On a cherché à animaliser ces femmes : Ilse Koch, la chienne de Buchenwald ; Irma Grese, la hyène d’Auschwitz ; … mais aucun animal ne serait capable d’actes aussi sordides.
Par le titre de l’oeuvre, l’artiste nous rappelle que ce ne sont ni des animaux, ni des monstres, mais : trois femmes, sept femmes …

Pour le conférencier, l’artiste le plus révolutionnaire du vingtième siècle est Marcel Duchamp à travers deux concepts :

  • tout objet manufacturé devient une oeuvre par la seule volonté de l’artiste
  • il y a autant d’oeuvres d’art que de regards (chacun a droit d’interpréter une oeuvre d’art comme il l’entend et toutes les interprétations se valent).

Après avoir évoqué les différentes interprétations contradictoires que l’on peut faire du tableau de Gustave Courbet, l’Origine du monde, Thierry Savatier termine sa conférence en évoquant différentes méthodes pour interpréter une oeuvre.
En s’appuyant sur « Les Galettes » de Claude Monet, 1882 , il a proposé une analyse selon différents critères.

Toute oeuvre d’art provoque chez le regardeur une émotion.
La spiritualité n’est pas dans les religions (corrompues par le pouvoir et l’argent) ; elle est dans la contemplation d’une oeuvre d’art qui nous plaît (plaisir du regard, jouissance de l’esprit).

PREAMBULES

A 14 heures, les commissaires citoyens ont proposé une visite de l’exposition décalageS.
Après un bref rappel de l’historique et de l’intention de l’exposition, le public a pu ensuite prendre connaissance des différentes oeuvres et profiter des compléments disponibles dans les cartels à proximité.

Quelques minutes avant la conférence, l’assistance a pu apprécier une brève prestation de la chorégraphe Ambra Senatore.